le pourquoi de ce blog

ce blog est une création de familles qui se sont retrouvées devant le défi   imposé par "certains établissements catholiques privés."

 

 

 

La place du numérique dans nos civilisations devient de plus en plus importante. 

Le gouvernement souhaite imposer un enseignement numérique à l’école pour répondre à ce défi. 

Des écoles de l’enseignement privé notamment catholique le précèdent dans sa démarche et posent du même coup des questions fondamentales aux parents, premiers éducateurs de leurs enfants. 

Notre collectif de parents se voit confronté à la situation et a entamé un travail de recherche pour se construire un avis. 

Nous vous proposons de le partager. 

 

Certains prétendent que le numérique a vocation à libérer l’homme de l’esclavage de l’apprentissage et qu’il n’est plus besoin d’avoir ni la tête bien faite, ni la tête bien pleine puisqu’INTERNET est là et nous permet d’accéder en quelques clics au savoir. Seule la créativité de l’homme lui demeurerait nécessaire. (Cf Michel Serres « Petite poucette »). 

Google, Apple et d’autres majors du domaine informatique sont des militants actifs du TRANSHUMANISME qui veut améliorer l’homme jusqu’à repousser les frontières de sa mort. Vieux rêve éternel de l’homme (Cf BABEL) …mais ce « rêve » présuppose de pouvoir faire de l’homme un matériau d’expérimentation, nous ne sommes plus très loin des films d’anticipation tels MATRIX, 1984, EQUILIBRIUM ….

Ces jusqu’au boutistes ont l’avantage d’attirer notre attention sur le terme d’une démarche numérique et sur ses écueils. 

 

Le numérique peut-il être un support d’enseignement : bien sûr ! De nombreux enseignants l’utilisent déjà. 

Doit-il devenir l’unique vecteur proposant la fameuse inversion de l’apprentissage où l’élève va découvrir par lui-même ce qu’il doit apprendre et où l’éducateur (ne plus dire l’enseignant ou le maître, c’est opprimant !) est là pour guider cet apprentissage, là est la question ! Que devient la transmission, l’apprentissage, ce savoir que chacun porte, qui lui permet d’être libre, de confronter ce qu’il sait à ce qu’il lit ? (Cf François -Xavier BELLAMY) 

Une telle refonte de la pédagogie ne peut être envisagée sans une démarche volontaire et fortement accompagnée des enseignants, au risque sinon d’une utilisation gadget d’un outil au prix prohibitif. 

 

Les enfants passent aujourd’hui déjà plus de 13h par semaine devant des écrans …avec les risques d’addictions inhérents. Leur apprendre une utilisation raisonnée de cet outil est justifié. Comment rechercher de l’information, la croiser pour ne pas dépendre d’une unique plateforme type WIKIPEDIA, mérite réflexion. Mais les parents sont déjà confrontés à cette problématique et tentent d’y répondre. Une réflexion partagée avec l’école a sa légitimité. Mais ce n’est pas à l’école de répondre seule à cette question et ce n’est pas en fournissant un support d’accès de façon généralisée qu’il sera le plus facile d’y répondre. 

 

Le choix de l’outil est en soi une question. Apple a le vent en poupe du fait d’une réputation de moindre vulnérabilité…mais ses systèmes sont fermés, les applications savamment programmés pour enfermer l’utilisateur dans le monde de la pomme. On se souviendra que la pomme a dans l’histoire de l’humanité une résonance particulière …(Cf Genèse). Les applications scolaires d’Apple ne sont pas aussi brillantes que certains voudraient nous le faire croire, vous trouverez dans ces pages de récents déboires de "la pomme » à ce sujet. D’autres outils existent à des prix beaucoup plus abordables. 

 

Les aspects financiers qu’engendre un déploiement généralisé sont lourds. Les familles ont subi un matraquage fiscal en France ces dernières années. Les 500€ d’achat par les familles de la tablette par enfant sont un coût supplémentaire. Beaucoup d’entre nous n’auraient jamais eu ni l’idée, ni les moyens d’offrir à leurs enfants un tel matériel, et pourtant on veut nous l’imposer. Au même moment, le Saint Père appelle à la frugalité (Encyclique LAUDATO SI) et souligne la mission primordiale des parents en matière d’éducation de leurs enfants (Encyclique AMORIS LAETITIA). Les statuts de l’enseignement catholique, des APEL soulignent eux aussi cette mission primordiale. 

 

Pour terminer, les aspects médicaux et environnementaux d’une extension massive du monde numérique partagent largement la communauté scientifique sur les conséquences pour l’homme d’une exposition prolongée. 

 

BONNE REFLEXION A CHACUN, 

Notre refus de la transmission a engendré ce qui ressemble parfois à une société d'enfants sauvages. Développement des incivilités, distension de tous les liens, consumérisme irresponsable, difficultés quotidiennes dans la vie en collectivité, échec de l'insertion sociale et de l'engagement citoyen, rupture du dialogue entre les générations, explosion de la délinquance... Partout, nous voyons l'homme « dégradé, insociable, grossier » — partout, nous voyons l'homme inhumain. Au cœur de nos pays « développés », nous avons le sentiment de voir resurgir la barbarie. Et nous n'arrivons pas à nous l’expliquer...

  • Les déshérités, François-Xavier Bellamy, éd. Plon, 2014

10% des utilisateurs de sites pornographiques sont des enfants de moins de dix ans

Une enquête publiée et menée par une société concevant des antivirus a étudié le comportement des jeunes enfants sur Internet. Les chiffres sont préoccupants.

Le numérique à l’école, inutile en pédagogie mais bon pour Microsoft

Le Plan numérique à l’école, lancé en 2015, promet de « développer les compétences » des élèves dans une société « irriguée par le numérique ». Mais aucune étude ne valide les vertus pédagogiques de cet outil. Microsoft, en revanche, qui a passé un accord fructueux avec le gouvernement français, se frotte les mains.

« Le danger n’est pas dans la multiplication des machines, mais dans le nombre sans cesse croissant d’hommes habitués, dès leur enfance, à ne désirer que ce que les machines peuvent donner. » Écrite en 1947 par l’écrivain Georges Bernanos, dans son fameux livre La France contre les robots, cette phrase, qui sonnait comme un simple avertissement au milieu du XXe siècle, apparaît comme prémonitoire aujourd’hui, à l’heure de l’« école numérique ».

Annoncé officiellement par François Hollande le 7 mai 2015, à l’issue de la journée de restitution des résultats de la « concertation nationale sur le numérique pour l’éducation » [1], le Plan numérique à l’école (PNE) vise, selon le ministère de l’Éducation nationale, un triple objectif : former les enseignants et les personnels administratifs ; développer des ressources pédagogiques accessibles en ligne, et financer l’achat d’ordinateurs et de tablettes [2]. Au total, pas moins d’un milliard d’euros seront progressivement dépensés par l’État jusqu’en 2018.

« Le PNE est un plan de généralisation, d’accélération des usages des nouvelles technologies, dans les collèges essentiellement. Son objectif premier est de développer les compétences numériques des élèves pour que ceux-ci réussissent dans une société de plus en plus irriguée par le numérique, affirme Jean-Yves Capul, chef du service du développement du numérique éducatif au ministère de l’Éducation nationale. Il s’agit également, grâce au numérique, d’enrichir l’enseignement de chaque discipline (français, géographie, mathématiques, sport, etc.), tout en faisant acquérir aux élèves des compétences transversales — comme l’autonomie, la créativité, le goût d’apprendre, etc. — et en sensibilisant ces derniers à un usage responsable des outils numériques. »

« Mettre en place une pédagogie active et innovante sans avoir recours aux nouvelles technologies » 

Au cours de l’année scolaire 2016-2017, environ 1.800 collèges publics, sur les quelque 7.100 établissements que compte la France, participent au PNE. Plus de 250.000 élèves et 30.000 enseignants — au niveau de la classe de cinquième, pour l’heure — sont ainsi concernés. « À la rentrée 2017, 50 % des collèges devraient s’être engagés », prédit Jean-Yves Capul. Pour inciter les départements à financer l’équipement des collèges, l’État a décidé de verser un euro pour chaque euro dépensé par les collectivités territoriales. Une manne à laquelle n’est pas insensible le géant Microsoft, qui a signé, le 30 novembre 2015, pour une durée de 18 mois, un partenariat avec le ministère de l’Éducation nationale dans le cadre du PNE [3]. D’ici à 2018, François Hollande souhaite que « 100 % » des collégiens et des professeurs soient dotés d’ordinateurs et de tablettes et qu’ils aient accès à des ressources pédagogiques numériques.

Dès lors, les nouvelles technologies peuvent-elles « sauver » le système scolaire français [4] ? « C’est un sujet compliqué. À l’heure actuelle, il n’y a pas de preuve scientifique qui prouverait l’efficacité des nouvelles technologies dans l’apprentissage des élèves », reconnaît Jean-Yves Capul. Et d’ajouter : « Le numérique ne va pas sauver l’école, mais il permet de lutter contre les inégalités scolaires, culturelles et sociales, et de jouer positivement sur la motivation des élèves. »

En septembre 2015, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) publiait la première étude internationale sur « les élèves et les nouvelles technologies » concernant ses 34 pays membres. Résultat ? Si les rapporteurs notent une réduction de la « fracture numérique » — les enfants les plus défavorisés accèdent de plus en plus à un ordinateur —, ils relèvent que l’incidence des nouvelles technologies sur la performance des élèves est « mitigée, dans le meilleur des cas ». [5]

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Selon l’OCDE, l’incidence des nouvelles technologies sur la performance des élèves est « mitigée, dans le meilleur des cas ».

« Ce ne sont pas les ordinateurs et les tablettes qui vont permettre aux élèves de mieux apprendre, affirme, de son côté, l’ingénieur Philippe Bihouix, coauteur d’un livre sur l’école numérique [6]. Il est tout à fait possible de mettre en place une pédagogie active et innovante sans avoir recours aux nouvelles technologies. Les arguments pronumériques, qui ne font finalement que prolonger des arguments ressassés depuis la fin du XIXe siècle au sujet de l’innovation pédagogique — concernant la motivation notamment —, sont d’une fragilité extrême », analyse-t-il. Pour lui, l’« école numérique » « incite les enfants à passer toujours plus de temps devant les écrans, à l’école comme à la maison, en plus des heures passées sur les jeux vidéos, les réseaux sociaux ou devant la télévision ». « Pire, elle légitime l’écran », fait-il observer.

« Des conséquences sur la santé psychique et physique » 

Pour Philippe Bihouix, le premier risque que fait courir l’usage des nouvelles technologies à l’école est celui « de l’illusion technopédagogique ». « Il y a assurément plus d’effet d’annonce autour de l’“école numérique” que dans tout autre domaine. Pourtant, il n’y a jamais eu de méta-étude sérieuse qui viendrait confirmer l’efficacité pédagogique du numérique », indique-t-il.

« Les politiques ont sûrement trop peur de passer pour ringards... » avance l’auteur, qui n’hésite pas à évoquer une « offensive » de ces derniers, « sans véritable débat ni concertation », « un peu comme pour le dossier de Notre-Dame-des-Landes ». « En plus, ajoute l’ingénieur, l’argent public mobilisé pour le PNE créera peu d’emplois, les équipements étant fabriqués à l’étranger. Sans compter que la question fondamentale, qui est “quel citoyen, quel être humain, l’école doit-elle former ?” est complètement évacuée », poursuit-il.

Les auteurs du Désastre de l’école numérique pointent d’autres risques liés au « tout-numérique ». Parmi ces derniers, les risques psychosociaux ne sont pas les moindres. Selon Philippe Bihouix et Karine Mauvilly, les dangers inhérents à l’addiction aux écrans — comme l’enfermement progressif dans le « monde virtuel » et, corollairement, le développement des comportements asociaux — sont bien réels. « L’usage du numérique n’est pas sans conséquence sur la santé psychique et physique », rappelle Philippe Bihouix.

Ces risques sanitaires sont étayés par de plus en plus d’études scientifiques. « Que l’on songe, par exemple, aux émissions d’ondes électromagnétiques des appareils sans fil ou encore aux sollicitations permanentes de ces derniers qui influent sur le cycle du sommeil et sur la capacité de concentration et de réflexion », illustre l’auteur.

« Les logiques managériales en vigueur dans l’entreprise » 

Par ailleurs, avec l’exploitation des ressources minérales et métalliques naturelles, la consommation électrique et la construction des infrastructures nécessaires au déploiement des nouvelles technologies (réseaux, data centers, etc.) ainsi que les problèmes liés à l’obsolescence programmée de ces dernières et au recyclage de leurs déchets, l’« école numérique » apparaît aussi comme « un scandale environnemental », pour reprendre l’expression de Philippe Bihouix.

« Il est vrai que les aspects sanitaires et environnementaux ne sont pas pris en compte dans le cadre du PNE. Les effets cognitifs de la technologie, quant à eux, se discutent un peu », se défend Jean-Yves Capul. Et le responsable du ministère de l’Éducation nationale de compléter : « Le rôle de l’école est avant tout d’éduquer les élèves aux usages du numérique. Ils doivent en être des acteurs. Le numérique, qui plus est, ajoute une corde à leur arc », fait-il savoir. Avant d’interroger : « A-t-on encore besoin d’apprendre des tonnes de choses faciles à trouver sur Internet ? »

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« A-t-on encore besoin d’apprendre des tonnes de choses faciles à trouver sur Internet ? » demande un responsable du ministère de l’Éducation nationale.

Pour Florent Gouget, professeur de français au collège Joseph-Durand de Montpezat-sous-Bauzon, en Ardèche, l’enseignement numérique tend à « morceler le travail pédagogique en différentes tâches exécutables, et finalement à le déshumaniser. C’est un changement réel et profond pour les enseignants, qui incarnent depuis toujours des savoirs vivants ». Avant de poursuivre : « Cette numérisation va complètement à l’encontre de la vocation première de l’école, qui est de transmettre des connaissances par la relation humaine. Cette relation est partie intégrante de l’apprentissage. »

En définitive, pour Florent Gouget, le PNE ne sert qu’à « appliquer à l’école les logiques managériales en vigueur dans l’entreprise, en valorisant les compétences au détriment des connaissances, lesquelles sont réduites à de simples informations à accumuler ». Une évolution que préfigurait et encourageait déjà, en février 2010, le rapport Fourgous, intitulé « Apprendre autrement à l’ère du numérique. Se former, collaborer, innover : un nouveau modèle éducatif pour une égalité des chances » [7], commandé par le Premier ministre d’alors, François Fillon.

« Désinformatiser la jeunesse, l’école, la société » 

Quid, en outre, de l’avenir du métier d’enseignant ? Après être devenus des « ingénieurs pédagogiques », les professeurs disparaîtront-ils à la faveur d’un déferlement technologique décidé à leur insu ? Selon le ministère de l’Éducation nationale, près de 98 % d’entre eux utilisent déjà le numérique au quotidien. « Comme dans la population générale, la majorité des enseignants est passive, attentiste, voire résignée et donc, en définitive, complice », regrette Florent Gouget.

Face au rouleau compresseur politique et institutionnel — mais aussi médiatique —, la marge de manœuvre des « professeurs critiques » s’avère réduite, mais la résistance s’organise pour les plus déterminés d’entre eux. En décembre 2015, une trentaine d’enseignants de collèges et de lycées lançaient l’Appel de Beauchastel contre l’école numérique [8]. Le mot d’ordre ? « Être avec nos élèves, et non servir d’intermédiaires entre eux et les machines » et, surtout, « enseigner, et non exécuter des procédures ». « Nous appelons tous les personnels des établissements d’enseignement déjà réticents à faire connaître leurs raisons et à signer cet appel », écrivent-ils encore.

En novembre dernier, un stage de formation « Écrans, numérique et éducation » a été organisé par le syndicat Sud éducation à l’université Paris-Sud, à Orsay, dans l’Essonne. Un stage qui a réuni pédopsychiatres, psychologues, philosophes, professeurs et parents d’élèves. Pour les enseignants, la résistance à l’hégémonie technologique n’est pas sans risque : les sanctions — du simple blâme à la radiation, en passant par des pénalités administratives et financières — menacent en permanence.

Alors, que faire ? Et si une piste à suivre était tout bonnement de « désinformatiser la jeunesse, l’école, la société », comme le suggère Philippe Godard, directeur de collection d’ouvrages jeunesse et auteur du livre Le Mythe de la culture numérique [9] ? « Nous devrions chercher, dès maintenant, à sortir d’un monde qui nous opprime, et à créer, à la marge, mais aussi — c’est fondamental, car le combat n’est pas perdu — au cœur même des institutions, quelles qu’elles soient, tout ce qui permettra de ne pas sauver ce système qui nous broie. Nous devrions aussi développer les utopies et les modes de faire qui nous permettront, le plus vite possible, de nous passer définitivement des algorithmes, du web, des ordinateurs, comme du nucléaire, des OGM, etc. Et enfin, nous devrions trouver, retrouver ou continuer la vie humaine, et la lutte vers l’émancipation. »

23 janvier 2017 / Anthony Laurent (Reporterre)